vendredi 29 avril 2016

Affaire n°172: "Le naufragé de la Méduse" de Catherine Cuenca. Dixième interrogatoire.


J'espère que les interrogatoires que je vous propose vous plaisent. Pour ce dixième rendez-vous littéraire, je vous présente l’interrogatoire d’une meurtrière que je vous ai fait découvrir il n'y a pas si longtemps. Je vous présente donc cet interrogatoire de l'auteure Catherine Cuenca.
C'est un auteur que j'ai découvert avec son roman "Le naufragé de la méduse".
Catherine Cuenca est une auteure qui a pris le temps de répondre à chacune de mes questions. Je l'en remercie d'ailleurs.
Vous pouvez d'ailleurs retrouver ma chronique ici.




Bonjour, chère meurtrière, merci d’avoir accepté d’être interviewée.Pour les enquêteurs qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter un peu, nous raconter votre parcours ?
J'écris des histoires depuis l'enfance, donc autant dire que j'ai toujours écrit. Je me suis également très tôt intéressée à l'Histoire, par le biais du Moyen Age. C'est à dix-neuf ans que j'ai commis mon premier crime, avec un roman historique sur la Grande Guerre.  J'ai ensuite poursuivi mes études avec une licence d'Histoire, tout en continuant à écrire des romans plus ou moins sanglants.  En 2010, après avoir concilié durant plusieurs années un travail salarié et mes activités d'écriture, j'ai décidé de devenir écrivain à temps plein. A ce jour, j'ai publié une trentaine d'ouvrages chez différents éditeurs, des romans historiques mais également des séries historico-fantastiques à destination de la jeunesse, où je laisse des créatures malfaisantes et des événements surnaturels s'allier pour tourmenter mes personnages !

L’histoire met en scène un tableau célèbre de Géricault, comment vous est venue cette idée et pourquoi ce tableau ?
C'est un tableau que je connaissais très vaguement… Je croyais qu'il représentait un passage de la Bible ! C'est en regardant un documentaire à la télé que j'ai découvert l'histoire du radeau. Le récit du naufrage de la Méduse et les zones d'ombres qui ont longtemps entouré la catastrophe m'ont fourni un cadre idéal pour le roman à suspense que je voulais écrire à ce moment-là.


Vous écrivez des romans pour adolescents, pourquoi ce choix et qu’est-ce qui vous plaît dans ce genre de roman ?
Ayant commencé à écrire très jeune, j'avais pour référence des ouvrages jeunesse, en particulier les romans des collections de poche illustrées. Je rêvais d'être publiée dans l'une d'elles, et c'est comme cela que j'ai écrit un premier roman destiné à la jeunesse. Après sa parution, j'ai réalisé que j'étais tout à fait à l'aise dans ce genre (des romans plutôt courts et enlevés) et j'ai continué à y sévir...

Mélia est un personnage important de l’histoire, comment l’avez-vous créé ? Est-elle totalement inventée ou est-ce que vous vous êtes inspirée de quelqu’un de votre entourage ?
C'est un personnage totalement inventé. A l'origine, je n'avais pas prévu qu'elle soit métisse. C'est en prenant conscience de l'importance du message anti-esclavagiste dans le tableau de Géricault et des lois discriminatoires à l'égard des personnes dites "de couleur" dans la France du début du XIXe siècle que j'ai fait ce choix. Le fait que Mélia soit métisse renforce la portée de ces thématiques dans le roman.

Est-ce qu’il y a un passage du roman que vous aimez particulièrement ? Si oui lequel et pourquoi ?
J'ai particulièrement aimé recréer toutes les atmosphères nocturnes – la première nuit, où il pleut des cordes et où Mélia repère une étrange silhouette au coin de la rue, son rendez-vous dans la cour de la maison… Ces ambiances empreintes de mystère font monter la tension et redouter un événement dramatique, ce dont je raffole !

Si vous deviez choisir entre le personnage de Géricault, celui de Mélia et celui de Henri Lubin lequel choisiriez-vous de vivre les aventures et pourquoi ? 
Géricault a mis en œuvre de nouvelles techniques de dessin et de peinture, en opposition au conformisme académique de son époque. Il avait une véritable vision de l'art, originale et audacieuse, qui a contribué à lancer le mouvement romantique. Certes, il est mort à trente-deux ans, des suites d'un accident. Mais sa courte vie a été si remarquable qu'elle valait bien la peine d'être vécue !

Comment écrivez-vous ? Avez-vous un rituel, des petites manies, un endroit où l’inspiration vous vient plus facilement ?
J'écris dans mon bureau, l'après-midi. Mais c'est la nuit que les idées et les mots me viennent le plus facilement. J'éteins les lumières, j'allume une ou deux bougies, et l'ambiance devient idéale pour imaginer une histoire mystérieuse, jalonnée de rebondissements et, parfois, de cadavres...

Savez-vous de quoi va parler votre prochain livre ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Quatre nouveaux romans sortiront entre août et novembre : La révolution d'Aurore, chez Nathan, où je ferai tomber quelques têtes révolutionnaires, notamment celle de la célèbre femme politique Olympe de Gouges ; Le loup du bois sanglant, chez Oskar, un thriller ayant pour cadre la Grande Guerre et la guerre franco-prussienne de 1870, plutôt sanglant, comme son titre l'indique ; La guerre des dieux, le troisième et dernier tome de ma trilogie La prophétie des runes chez Gulf Stream, épopée épique durant les temps barbares, où les terribles batailles entre les ancêtres de Clovis, Attila et les Romains, feront le bonheur de dieux cruels; enfin, Il faut gagner la bataille de Verdun ! , chez Oskar, qui mettra en scène les dix derniers jours de l'affrontement entre Français et Allemands devant l' "immortelle Cité" en 1916.

Pour finir, même si dans votre roman on retrouve le coupable, selon vous quel serait le meurtre parfait ?
Celui où le meurtrier ne laisserait aucun indice qui puisse l'incriminer. Or, dans le roman, le coupable en oublie bon nombre derrière lui...

Merci de m’avoir accordé un peu de votre temps, chère meurtrière, un dernier mot pour la fin ?
Les lecteurs qui voudraient me retrouver pour me confier leurs impressions sur mes différents crimes peuvent le faire ces jours-ci : je serai en dédicace à la médiathèque de Calais le jeudi 26 mai à partir de 17h30 et les 4 et 5 juin au Festival des Jeunes Auteurs de Saint-Geoirs (Isère).

Encore merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.


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A vos claviers chers enquêteurs !

(je réponds à tous les commentaires sur votre blog)