J'avais un peu arrêté ce rendez-vous littéraire parce que je n'avais pas vraiment d'auteur à interroger.
Mais j'ai eu envie de reprendre, j'espère que les interrogatoires que je vous proposerai vous plairont. Pour ce sixième rendez-vous littéraire, je vous présente l’interrogatoire d’un meurtrier que j'ai découvert il n'y a pas si longtemps. Je vous présente donc cet interrogatoire de l'auteur Paul Eric Allegraud.
C'est un auteur que j'ai découvert avec son roman "
Poljack - la momie drômoise".
C'est un auteur très sympathique et je suis contente qu'il ait accepté cet interview.
Paul Eric Allegraud a donc pris le temps de répondre à chacune de mes questions.
Vous pouvez d'ailleurs retrouver ma chronique
ici.
Bonjour cher meurtrier. Merci d’avoir accepté cette interview.
Pour les enquêteurs qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous me parler
de vous et de vos précédents romans ?
Bonjour cher
enquêteur.Tout d'abord,
j'ai toujours lu, depuis aussi loin que je me souvienne. Et j'ai aussi toujours
aimé les mots. Mais j'ai mis très longtemps avant de me lancer dans l'écriture,
même si mes romans ne sont pas mes premiers essais. J'ai, auparavant, écrit une
adaptation de "Jacques le fataliste" de Denis Diderot et écrit une
pièce, "La concierge est dans l'escalier", pour les élèves de
l'atelier théâtre que j'animais dans un lycée professionnel. J'ai aussi écrit
pas mal de nouvelles.
Vous avez écrit deux romans avec le personnage de Poljack et un prochain est à
venir. Comment avez-vous crée ce personnage ?
Il y a quelques
années, je participais à un groupe d'écriture sur un site de rencontres (pas de
rencontres amoureuses, plutôt un site social). Une des personnes proposait
régulièrement ce qu'elle appelait ses "voyages virtuels". Elle nous
donnait la destination, généralement un lieu imaginaire, puis nous dirigeait en
nous donnant une mission à remplir, des indications sur les rencontres, en nous
lançant des défis… C'est à travers ces aventures qu'est né le personnage de
Poljack. Pas tout à fait comme il est dans mes romans, mais beaucoup de choses
y étaient déjà.
Comment avez-vous eu l’idée et l’envie d’écrire un roman policier ?
Le polar est
un genre que j'apprécie particulièrement, mais je n'avais pas envie de donner
dans le style hyper réaliste, tel qu'on le voit aujourd'hui. Et puis, j'aime
bien le polar "à l'ancienne", les grands classiques américains avec
des détectives privés qui ont finalement plus de liberté d'action que les
flics. J'avais aussi envie de mélanger un peu les genres… Donc l'envie d'écrire
du policier, je l'avais à travers mes lectures, mais c'est vraiment mes écrits
avec ce groupe dont je parlais qui m'ont amené à ce genre un peu particulier
que j'appelle "polar d'aventure".
Dans le roman que j’ai chroniqué il est question de Russie et de Mongolie. Vous
aimez faire voyager vos lecteurs ?
J'ai toujours
était attiré par les voyages, mais je n'ai malheureusement pas pu réaliser ce
rêve. Là, je me venge ! Et tant mieux si ça permet aussi à mes lecteurs de
voyager. :-D
Pourquoi ces pays ? Ce sont des pays que vous avez déjà visités ou que
vous aimeriez visiter ?
Pourquoi ces
pays ? À vrai dire, dans le premier Poljack, "Les sbires
d'Agouna", au départ, je ne savais même pas moi-même où cette aventure
qui commence dans le sous-sol parisien allait m'entraîner ! Mais c'est
devenu un des fils rouges de Poljack. Partir dans des pays lointains. Et comme
toutes les histoires ont aussi un rapport avec l'Histoire, je cherche des lieux
où celle-ci a une résonance particulière. Celui en cours d'écriture nous
emmènera en Inde, par exemple.Ce ne sont pas
des pays que j'ai visités, pour la plupart, mais j'aimerai beaucoup y aller.
Comment écrivez-vous ? Avez-vous un rituel, des petites manies, un endroit où
l’inspiration vous vient plus facilement ?
J'écris
uniquement au clavier. D'abord, à la main, c'est à peine si j'arrive à me
relire, alors le clavier a été pour moi une révélation. Bon, j'exagère un peu,
mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je ne peux pas m'en passer. Par contre
j'utilise un clavier "bépo", et pas question de revenir à un "azerty". Que ce soit mon ordinateur de bureau, celui que j'utilise
le plus, ou mon portable, c'est du "bépo". Je n'ai pas vraiment de
rituel et je peux écrire à peu près n'importe où, pourvu qu'il n'y ait pas trop
de vacarme autour. Mais c'est encore chez moi, derrière mon bureau que je
préfère travailler.
Vous avez écrit des romans policiers mais pour vous, quel serait le meurtre
parfait ?
Ouh ! Il
y a eu beaucoup de discussions autour de ce sujet, mais j'avoue que je n'y ai
moi-même pas vraiment réfléchi. Techniquement, je crois qu'il devient de plus
en plus improbable de commettre un crime parfait. La science et les techniques d'enquête
ont tellement évolué qu'il devient de plus en plus difficile de passer à travers
les mailles du filet. Quant au meurtre gratuit, existe-t-il vraiment ?
Même les psychopathes ont leurs raisons…
Vous avez choisi l’auto-édition. Pourquoi ce choix, quels sont selon vous les
points positifs et négatifs de cette solution ?
J'ai fait ce
choix d'abord parce que les maisons d'édition traditionnelles sont comme
n'importe quelles entreprises… Il y a de moins en moins de personnel ! Et
comme elles reçoivent des milliers de bouquins chaque année, je pense que
beaucoup ne sont même pas lus. D'autre part, beaucoup ont un œil sur ce qui se
passe chez les auto-édités. Un auteur qui vend par ce biais a toutes les
chances d'être un jour contacté par un éditeur.D'un autre
côté, l'auteur est encore celui à qui son travail rapporte le moins. Surtout s'il
n'est pas connu. Se voir proposer 3 ou 4 pour cent, alors qu'en auto-édition on
touche au moins 10, c'est un peu râlant.Enfin, d'un
point de vue purement écologique, l'auto-édition permet un tirage à la demande,
alors qu'un éditeur traditionnel va faire imprimer 1 500 ou 2 000 exemplaires
d'un coup. Le plus souvent, il ne s'en vendra pas la moitié… Le reste finira au
pilon. Au moins, je ne participe pas à la destruction des forêts !
Merci de m’avoir accordé un peu de votre temps cher meurtrier, un dernier mot
pour la fin ?
D'accord, un
dernier mot : je n'écris pas que des "polars
d'aventure" ! Je viens de sortir, sous le pseudonyme de Caudrilla
Pleurage, un roman de science-fiction/anticipation. Son titre : "Valse
Oddity". L'action se déroule aux alentours des années 2070. Ce n'est pas
une histoire de robots ou d'extraterrestres, mais une aventure humaine.Mais je ne
vous en dis pas plus. Le résumé est sur mon blog…
Encore merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.